J’me suis donné l’blaze d’artiste, perdu dans l’décor
J’me bats contre le temps, les nuits, les regrets, les remords
J’écris pour respirer, pour faire taire mes démons
Des mots comme des balles, j’vise le cœur, pas le front
Dans mon sac, y’a l’amour d’ma mère en silence
Le regard d’mon père, lourd, plein d’absence
Une adresse d’hôtel, oublié dans l’néant
Son étoile s’est éteinte, morte avec le temps
Des photos d’un amour qui n’existe plus vraiment
Des lettres, du parfum, et l’goût d’un vieux printemps
J’suis loin d’chez moi, perdu dans la ville
Le cœur en exil, les rêves fragiles
J’cours après quoi ? j’sais même plus pourquoi
La vie m’échappe, elle glisse entre mes doigts
J’suis loin d’chez moi, noyé dans la nuit
Entre deux mondes, entre deux vies
J’avance seul, sans voix, sans loi
Je joue aux échecs sans reine..sans roi
Juste mon passé qui marche avec moi
Le Douanier m’arrête : “T’as combien dans les poches ?”
J’réponds : “Juste de quoi survivre, rien qui m’accroche”
Il dit “Enlève tes shoes”, j’laisse mes traces au sol
Odeur de kilomètres, de galère et d’paroles
Il a failli tomber, étouffé par l’voyage
La fatigue sur mon dos, tatouée sur mon visage
Puis il m’laisse passer, sans vraiment comprendre
Que j’porte dans mon sac mes torts et mes travers
Mes rêves en apesanteur
Ma Waiting list du bonheur
Le visa meurt vite, comme les rêves qu’on retarde
Mon fric s’évapore, comme un espoir qui s’égare
L’hôtel ferme sa porte, me laisse face au néant
J’dors sur mes souvenirs, j’compte plus les instants
Métro, cafés, nuits froides sans lumière
J’parle avec mes pensées, j’fais la guerre à l’hiver
Mon peuple de l’autre côté survit dans la douleur
Entre peur et silence, entre rage et malheur
J’ai vu des moutons, des milliers, des millions
Dévorés par des chiens, dressés pour l’oppression
Des rats noirs autour, qui s’déchirent pour des miettes
Et un lion blessé, qui a perdu sa tête
J’ai crié dans l’vide : “Quelqu’un peut m’expliquer ?”
“est ce juste un rêve ou c’est la vérité QUI VIENT ME PARLER ?”
Une vieille dame me pris la main, me parla doucement
“Les moutons, c’est l’innocence des enfants
Les chiens, c’est les soldats qui protègent la peur
Les rats… c’est les rats, ils vivent dans l’horreur
Et le lion blessé, c’est l’courage oublié
Un héros encerclé, qui refuse d’abdiquer
Si les rats disparaissent, l’histoire changera
Même blessé, le lion un jour rugira”
J’suis loin d’chez moi, mais j’garde la foi
Même dans la nuit, j’vois un peu d’toi
Si j’tombe encore, j’me relève en bas
Parce que j’ai appris à vivre comme ça
GHANI MAHDI
JANVIER 2026